Devenez membre du réseau

La rentrée 2017 approche à grand pas, mais la préoccupation de démarrer d’un bon pied avec cette nouvelle classe que l’on ne connaît pas encore, composée des êtres humains si différents que l’on découvrira, reste cruciale.  Le cadre que l’on construira lors de la première période structurera le reste de l’année. C’est donc le moment le plus propice pour parler des leviers qui favorisent un climat de classe favorable aux apprentissages et se poser ainsi de « bonnes questions ».

Le climat de classe est une notion assez générale qui inclut des paramètres nombreux et variés tels que la mise en place d’un environnement sécurisant, bienveillant, la manière dont est accueillie l’erreur …  

Les méta-analyses (1) montrent que certains paramètres vont avoir plus d’impact sur la réussite scolaire comme le climat de classe, l’art du feedback ou l’apprentissage coopératif que d’autres plus structuraux liés à l‘école tels que l’architecture de l’établissement, les emplois du temps, les conditions de travail (taille de la classe, suivi, finances) et qui sont pourtant bien souvent les points les plus discutés (2).  

Il ressort de ces analyses à grande échelle que les deux aspects associés au climat de classe qui exercent les effets leviers les plus importants sont la gestion de la classe ainsi que la cohésion du groupe (2). Ces effets sont détaillés ci-dessous.  

Une méta-analyse est une démarche statistique analysant les résultats d’un ensemble d’études indépendantes sur une problématique donnée.

La taille d’effet (d) est un paramètre statistique proposé par Jacob Cohen qui permet de mesurer la force d’une variable X, par comparaison de son effet sur deux groupes (contrôle et test).

Ce paramètre se calcule en exprimant la différence entre les moyennes des effets observés sur chaque groupe (X1-X2) en fonction de l’écart type.

L’interprétation de la valeur « d » obtenue se fait de la manière suivante :

d = effet de X sur le groupe test par rapport au groupe de contrôle

0.2 = faible

0.5 = moyen

0.8= fort

La gestion de la classe :

Dans ses travaux, Marzano a notamment étudié l’impact de différents processus de gestion de la classe sur la réussite scolaire. Il a démontré l’impact des processus de management sur l’apprentissage de manière générale (d=0.52), et que cet impact s’exerçait notamment par le biais de l’engagement élevé qu’ils peuvent susciter (d=0.62).

Les compétences de l’enseignant qui permettent une bonne gestion de la classe sont en lien avec la notion d’« awareness » ou « mindfulness » situationnelle (2), à savoir :

  • un état d’esprit adapté (d=1.29),
  • la capacité à identifier rapidement des problèmes po­tentiels de comportements et agir de manière adaptée (notion de « with-it-ness », d=1.42),
  • une objectivité émotionnelle (d=0.71),
  • le recours à des interventions disciplinaires (d=0.91).
    • l’enseignant indique par un comportement physique ou verbal qu’un élève présente un comportement approprié ou non (d=1.00),
    • stratégies invitant des groupes d’élèves à atteindre des critères de comportement donnés (d=0.98),
    • reconnaissance tangible : suite à un comportement ap­proprié, les étudiants reçoivent un symbole ou tout autre signe tangible (d=0.82),
    • suite à un comportement inadapté, recours à des in­terventions qui impliquent une conséquence directe et concrète (d=0.57).Voici quelques exemples de ces interventions, par impact décroissant :

    La relation enseignant/élève est également un modéra­teur puissant dans la gestion de la classe (d=0.87 Hattie). Pour une relation optimale, différents aspects ressortent :

    1. la mise en place de règles et procédures de fonctionne­ment bien articulées et qui ont été négociées ensemble,
    2. une forte coopération entre l’enseignant et le(s) élève(s) qui, ensemble, forment une réelle équipe,
    3. l’importance de bénéficier d’objectifs, de consignes et d’un accompagnement, qui soient forts et clairs.

La cohésion du groupe :

Par cohésion du groupe, on entend le fait que tous -enseignants et élèves- travaillent ensemble pour augmen­ter les connaissances de manière positive. Les analyses à grande échelle montrent une corrélation stable et positive entre cohésion du groupe et performance (2). Il est à no­ter que cette cohésion est plus facilement atteinte dans des groupes de petite taille que dans des groupes de trop grande taille (2).

Une bonne cohésion du groupe sera associée à de meil­leurs apprentissages entre pairs, une tolérance accrue, un bon accueil de l’erreur, davantage de feedbacks (retours d’information), de discussion des objectifs, des critères de succès ainsi qu’à des relations positives entre les élèves et l’enseignant.

EN BREF

Les méta-analyses visant à identifier les stratégies et les paramètres qui exercent des effets les plus puissants sur les apprentissages et la réus­site scolaire montrent l’importance d’un climat de classe favorable (d=0.71 selon les méta-analyses du Pr John Hattie).

Toujours d’après ces travaux, les 2 axes exerçant un impact majeur sur le climat de classe sont :

1/ La gestion de la classe, avec l’importance :

des compétences de l’enseignant en lien avec son état d’esprit, son objectivité émotionnelle, sa capacité à identifier et agir rapidement sur à des problèmes potentiels de comportements et mettre en plce une bonne gestion disciplinaire.

des bonnes relations enseignant/élèves, as­sociées à un cadre clair et mutuellement défini, la mise en place d’objectifs clairs, d’un accompagne­ment fort et de coopération.

2/ La cohésion du groupe, qui consititue un véritable
levier vers la performance.

Cet article a été réalisé par Delphine Laustriat, PhD

Références : 

  1. Petty, G. Evidence-Based Teaching A Practical Ap­proach. Nelson Thornes Ltd, 2014.
  2. Hattie, J. Visible learning : a synthesis of over 800 meta-analyses relating to achievement. Routledge, 2008.

0 Commentaires

Laisser une réponse

Contactez nous

Nous vous répondrons dans les plus brefs délais.

En cours d’envoi

Connexion

ou     Créer un compte

Vous avez oublié vos informations ?

Create Account