L’environnement d’un individu constitue une source de multiples signaux qui vont être perçus par son organisme et qui vont y induire un certain nombre d’événements. Ainsi, le climat de classe, qui représente une part essentielle de l’environnement de l’enfant en milieu scolaire, va induire des signaux qui vont avoir des répercussions multiples au sein de son organisme et ainsi impacter son comportement et ses disposition en termes d’apprentissages.

Un climat de classe défavorable, le stress des élèves

Les signaux émis par un environnement défavorable sont perçus par l’organisme de l’enfant comme des agents stresseurs. Qu’ils soient aigus ou répétés, ces signaux de stress vont engendrer un déséquilibre au niveau de l’organisme et exercer des effets délétères par le biais de 2 grands systèmes (1) :

  • le système neuro-végétatif associé à la libération d’adrénaline et de noradrénaline. Ces deux composés, qui appartiennent la famille des catécholamines, sont libérés principalement par les cellules nerveuses du système nerveux sympathique au niveau des synapses où elles vont jouer un rôle de neurotransmetteur*(2). Elles sont également libérées en plus faible quantité au niveau de la glande médullosurrénale où elles vont jouer un rôle d’hormone* . Ces catécholamines induisent une multitude d’effets qui préparent au stress ou à une activité physique : accélération du rythme cardiaque, augmentation de la pression artérielle, dilatation des bronches et des pupilles, mise à disposition d’énergie avec une augmentation de la glycémie (1) (2)…

 

  • le système neuroendocrinien avec la libération de cortisol suite à une cascade d’effets qui démarre dans le cerveau. En effet, les signaux extérieurs entraînent, au niveau du cerveau, la libération de CRH (corticotropin-releasing hormone) par l’hypothalamus, qui va induire la libération d’ACTH (adrenocorticotrophin hormone) par l’hypophyse. Cette dernière hormone va agir à distance sur les glandes corticosurrénales et entraîner la libération de cortisol, qui sera responsable d’une pléiade d’effets sur l’organisme : il favorise la libération de glucose et donc induit un afflux d’énergie, exerce un effet immunosuppresseur et module notamment la libération d’un certain nombre d’hormones, dont l’adrénaline et la noradrénaline dont il favorise la libération, amplifiant ainsi les effets de l’activation du système neuro-végétatif.

Un neurotransmetteur est une molécule, généralement de petite taille, libérée par l’arborisation terminale d’un neurone en réponse à l’arrivée d’un message nerveux. Libéré au niveau de la fente synaptique, il va induire agir sur un ou plusieurs autres neurones présents au niveau de la synapse, permettant ainsi l’intégration et la propagation du signal nerveux.

Une hormone est une molécule libérée par un organe ou une cellule spécialisée, transportée par le sang, et modifiant, à distance, le fonctionnement d’un ou de plusieurs tissu(s) ou cellule(s), appelé(es) tissu(s) ou cellule(s) cibles.

Il est important de noter que ces différentes molécules sont physiologiquement présentes dans l’organisme en conditions physiologiques, et ce, à un niveau basal auquel elles exercent des effets bénéfiques sur l’organisme. C’est l’augmentation anormale de leur quantité sous l’effet du stress qui est responsable des effets délétères de stress.

 

L’organisme répond en se sentant menacé, en état d’alerte, prêt à fuir ou combattre s’il ne se trouve pas déjà immobilisé. Parallèlement, cette même augmentation anormalement importante de ces messagers va être à l’origine chez l’enfant d’un sentiment de colère, d’anxiété, d’insécurité, d’abattement, d’inhibition, de repli.

Le stress élevé, pas d’apprentissages

Les répercussions sur l’apprentissage d’un environnement défavorable sont donc évidemment désastreuses (1). A titre d’exemple, des travaux de recherche s’intéressant aux impacts d’une élévation anormalement importante de cortisol en réponse au stress démontrent les effets suivants sur le cerveau :

  • Une interférence avec le bon fonctionnement de l’amygdale qui est le centre de nos émotions.
  • Un ralentissement de l’activité du cortex préfrontal, qui constitue le centre exécutif de notre cerveau et est notamment dans la prise de décision, le raisonnement, la planification, la mémoire de travail ainsi que le langage.
  • Un effet direct sur les neurones de l’hippocampe (région impliquée dans la mémoire et les apprentissages) avec une diminution de leur multiplication voir leur destruction.

Les impacts positifs d’un climat de classe favorable

Évoluer au sein d’un environnement positif, bienveillant, motivationnel et créatif, permet non seulement d’éviter les cascades d’effets liés au stress mais également de développer de manière optimale les grands potentiels de l’enfant.

 

Un tel climat positif est un environnement chaleureux, bienveillant où l’on a plaisir à faire ce que l’on fait, au sein duquel prédominent des relations agréables, harmonieuses (1) (3). C’est un environnement qui va également:

  • susciter la curiosité, l’engagement actif
  • non seulement autoriser l’erreur mais en plus y répondre avec un feedback adapté, immédiat (la notion de réhabilitation de l’apprentissage par l’erreur est essentielle), 
  • être propice à la coopération.

 

L’environnement associé à un tel climat va également induire un certain nombre de signaux qui seront perçus par l’organisme de l’enfant et y induiront un certain nombre d’effets par le biais de la libération de plusieurs molécules (1) (2) dont :

  • l’ocytocine, molécule «de l’attachement», associée à un sentiment de confiance. Elle est connue pour son rôle pro-social, facilite l’empathie émotionnelle et joue ainsi un rôle important dans la mise en place de la coopération et l’instauration de l’harmonie au sein du groupe. En outre, l’ocytocine permet également de diminuer le stress, l’anxiété et l’agressivité en agissant à différents niveaux.

Sa libération est également associée à celle des 3 autres neuromédiateurs suivants :

  • La dopamine, molécule de l’élan, qui est associée aux mécanismes de motivation et de récompense.
  • La sérotonine qui joue un rôle majeur dans la stabilisation de l’humeur. 
  • Des endorphines endogènes. Ces molécules de la famille des endomorphines ont la propriété d’imiter les effets de la morphine et sont associées à un sentiment de bien-être.

La recherche le prouve, et vous l’avez-vous observé au sein de votre classe ?

Quand le climat de classe n’a pas été satisfaisant de votre point de vue, quels comportements d’élèves avez-vous observé ? Pour partager votre expérience, rendez-vous sur le forum : groupe partage de pratiques.

Cet article a été réalisé par Delphine Laustriat, PhD

Références : 

  1. Breuil, M. Dictionnaire des Sciences de la Vie et de la Terre. Nathan, 1997.
  2. Dehaene, S. Les grands principes de l’apprentissage. [http://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/symposium-2012-11-20-10h00.htm ] 2012.
  3. Elliot, A.J. & Dweck, C.S. Handbook of Competence and Motivation. New York : Guilford Press., 2005. 20.

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