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Printemps Nguyen, Mélanie Neveu Schwebel et Sandrine Séchaud, trois enseignantes, une école, des élèves et des parents, dans le quartier Les grisettes à Montpellier prouvent que lorsqu’une équipe se met à travailler ensemble elle peut déplacer  des montagnes et en un an annoncer avec fierté : “Bienvenue dans une nouvelle École Publique !” Le respect des rythmes de chaque enfant, favoriser l’autonomie des élèves grâce au matériel Montessori, l’apprentissage du vivre ensemble, de la coopération grâce aux projets, des moments de parole ritualisés pour gérer les émotions, régler des conflits et poser des règles de vie, et surtout travailler en équipe pédagogique pour se coordonner et construire ensemble, telles sont les fondamentaux de leur projet pédagogique que nous vous invitons à découvrir.

Tout a commencé il y a un an par une rencontre entre trois professeures des écoles aux parcours différents, mais aux aspirations communes. “Une envie de nous adapter aux besoins de chaque élève. Alors que nous avons 30 élèves par classe, nous avons voulu gérer l’hétérogénéité de nos groupes et répondre à leurs besoins profonds, adapter les apprentissages aux formes d’intelligences différentes.

            

Nous avons échangé avec Sandrine Séchaud, professeure des écoles et membre du réseau Bâtisseurs de possibles qui nous explique leur cheminement dans le projet…

 

Pourriez-vous nous expliquez votre projet en quelques mots ?

 

Dans notre projet pédagogique nous avons trois angles d’attaque.

Tout d’abord mettre en place des dispositifs pédagogiques qui permettent à chaque enfant d’avancer à son rythme.

En maternelle, on travaille beaucoup en groupe, mais mon problème était que l’activité proposée ne correspondait pas à tous les enfants. Je préparais des activités motivantes, mais j’avais une posture poussive. L’idée est, au contraire, de favoriser l’autonomie de chaque enfant. Ils ont donc un choix libre d’activités dans un cadre structuré et structurant. Ils ont à leur disposition des outils raffinés et délicats. Ils ont droit de l’utiliser seulement une fois qu’il a été proposé et doivent en prendre soin.

 

Ensuite nous souhaitons développer la coopération et la bienveillance mutuelle – entre les adultes et les enfants et entre les enfants eux-mêmes. Nous nous inspirons de la pédagogie institutionnelle en mettant en place des temps réguliers pour exprimer les ressentis comme le “Quoi de neuf”, les “conseils d’élèves” pour réguler les problèmes et proposer les projets, qui partent des enfants ou des maîtresses. Une de mes collègues a travaillé dans une école coopérative, c’est elle qui nous a apporté les outils. Nous appliquons également les pratiques coopératives à nous-mêmes : nos réunions sont autogérées, la parole est égalitaire, juste !!! Comme c’est une habitude, j’arrive à le faire naturellement en classe, c’est ancrée en moi.

 

Et finalement, nous nous sommes organisées en trois classes de 3 à 6 ans – donc en classes multi-âges ! Ça change pas mal de choses, les classes de cycle sont très riches ! Les grands apprennent aux petits, il y a des tuteurs et des tutorés !

 

Comment vous vous y êtes prise concrètement pour mettre en oeuvre votre projet ?

 

Tout d’abord nous avons travaillé ensemble à trois. C’est fondamental, cela nous a donné suffisamment de pêche, pour dépasser les choses compliquées.

Au début, on a rejoint un groupe ICEM 34 (des groupes des enseignants autour de la pédagogie Freinet) et avec une quinzaine d’enseignants mobilisés nous avons créé un sous-groupe sur la pédagogie Montessori. Notre réflexion a mûri à la fois grâce à ce groupe, mais aussi grâce aux difficultés rencontrées dans les classes, où nous cherchions comment faire autrement.

Finalement, il y avait aussi l’aspect formation. En effet même si le groupe nous a permis de nous auto-former et de partager autour des situations vécues, nous avons eu besoin de nous structurer avec une formation en pédagogie Montessori. C’est pour cela que nous nous sommes financées une formation de 10 jours cet l’été.

Puis nous avons été confrontées à l’impossibilité d’acheter le matériel Montessori via la Mairie. Les parents se sont alors mobilisés et ont permis de récolter 1800 euros à partager entre nos 3 classes. Une partie du matériel a pu être acheté ! 

Nous avons également postulé pour être reconnu comme projet innovant auprès de la CARDIE (direction académique de l’innovation de l’Éducation Nationale) et nous avons été sélectionné. C’est très important pour partager des bonnes pratiques. Et puis on ne porte pas toutes seules le projet.

 

Pour ceux qui voudraient se lancer, qu’est-ce que vous leur recommandez, qu’est-ce qui a été déterminant ?

 

Travailler en groupe ! Depuis que j’ai commencé à être enseignante, c’est mon fil rouge. C’est ce qui permet de faire des gros projets ! Si on n’a pas une équipe pédagogique, rejoindre un groupe de réflexion (ICEM, AGEM etc…) ça nourrit la réflexion !

Ou on peut faire les deux, même si cela prend du temps… S’auto-former et se former, car pour me lancer il me fallait une vraie personne en face…

Après, il faut savoir que c’est une remise en cause profonde, un gros “chamboule tout”. Il y avait de la fatigue, oui, du découragement, aussi, ça n’a pas été toujours facile, mais on ne s’est jamais dits qu’on allait faire machine arrière.

 

Et le résultat ?

 

“Il est trop tôt pour faire le bilan après 1 mois, mais pour l’instant, je trouve ça super ! Les enfants grandissent plus vite !…Je n’ai d’ailleurs jamais vécu une rentrée aussi sereine !”

Vous avez aussi envie d’enrichir vos pratiques pédagogiques, de vous laisser surprendre, d’expérimenter ? Au sein du réseau nous sommes convaincus que tout le monde peut y arriver et nous serons ravis de vous accompagner dans votre cheminement. Découvrez le dispositif Bâtisseurs de possibles !

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